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	<title>Utopsy</title>
	<link>http://www.utopsy.fr/</link>
	<description>UTOPSY propose un s&#233;minaire ouvert &#224; tous qui offre un espace d'&#233;change autour de la clinique, du transfert, de la place de la folie dans la soci&#233;t&#233;.</description>
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<item xml:lang="fr">
		<title>L'association Utopsy</title>
		<link>http://www.utopsy.fr/L-association-Utopsy.html</link>
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		<dc:date>2015-07-09T21:39:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		



		<description>
&lt;p&gt;Loriane Bellahsen, psychiatre
&lt;br class='autobr' /&gt;
Mathieu Bellahsen, psychiatre
&lt;br class='autobr' /&gt;
Alexandra de S&#233;guin, psychiatre
&lt;br class='autobr' /&gt;
Aurore Le Nail, psychologue
&lt;br class='autobr' /&gt;
Sarah Gatignol, psychiatre
&lt;br class='autobr' /&gt;
Fran&#231;oise Nielsen, psychanalyste
&lt;br class='autobr' /&gt;
Bruno Tournaire-Bacchini, psychiatre
&lt;br class='autobr' /&gt;
Benjamin Royer, psychologue&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.utopsy.fr/-Textes-.html" rel="directory"&gt;Textes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Loriane Bellahsen, psychiatre&lt;br class='autobr' /&gt;
Mathieu Bellahsen, psychiatre&lt;br class='autobr' /&gt;
Alexandra de S&#233;guin, psychiatre&lt;br class='autobr' /&gt;
Aurore Le Nail, psychologue&lt;br class='autobr' /&gt;
Sarah Gatignol, psychiatre&lt;br class='autobr' /&gt;
Fran&#231;oise Nielsen, psychanalyste&lt;br class='autobr' /&gt;
Bruno Tournaire-Bacchini, psychiatre&lt;br class='autobr' /&gt;
Benjamin Royer, psychologue&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>T&#233;moignage d'une &#233;l&#232;ve de Pierre Delion</title>
		<link>http://www.utopsy.fr/Temoignage-d-une-eleve-de-Pierre-Delion.html</link>
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		<dc:date>2014-04-01T11:46:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alexandra de S&#233;guin</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;T&#233;moignage d'une &#233;l&#232;ve de Pierre Delion commentaire du livre Mon combat pour une psychiatrie Humaniste &lt;br class='autobr' /&gt;
La rencontre &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour illustrer en quelques mots notre rencontre, je dirais que j'ai eu l'heureux hasard de choisir Lille pour mon internat de psychiatrie. En effet je n'avais pas obtenu Paris lors du concours national classant que passe tous les &#233;tudiants en m&#233;decine &#224; la fin de leur 6eme ann&#233;e. Mon d&#233;sir d'&#234;tre psychiatre &#233;tait d&#233;j&#224; ancien, n&#233;e de la rencontre de la psychanalyse notamment &#224; la lecture (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.utopsy.fr/-Textes-.html" rel="directory"&gt;Textes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;T&#233;moignage d'une &#233;l&#232;ve de Pierre Delion&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
commentaire du livre &lt;i&gt;Mon combat pour une psychiatrie Humaniste&lt;/i&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La rencontre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour illustrer en quelques mots notre rencontre, je dirais que j'ai eu l'heureux hasard de choisir Lille pour mon internat de psychiatrie. En effet je n'avais pas obtenu Paris lors du concours national classant que passe tous les &#233;tudiants en m&#233;decine &#224; la fin de leur 6eme ann&#233;e. Mon d&#233;sir d'&#234;tre psychiatre &#233;tait d&#233;j&#224; ancien, n&#233;e de la rencontre de la psychanalyse notamment &#224; la lecture de Fran&#231;oise Dolto adolescente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rapidement engag&#233;e au collectif des 39, pour d&#233;fendre ce que nous nommons une psychiatrie humaine, des copains internes, la bande d'Utopsy, m'encouragent &#224; te rencontrer et &#224; aller travailler comme interne dans ton service.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes en mai 2010 quand je d&#233;barque dans le service, dans l'unit&#233; boycott&#233;e par les internes : l'unit&#233; Pierre Male qui accueille tous les enfants rejett&#233;s de la p&#233;dopsychiatrie du Nord-Pas-de-Calais. Unit&#233; d'une quinzaine de lit et donc d&#233;sectoris&#233;e. Ce semestre dans cette unit&#233; a &#233;t&#233; tr&#232;s dure, cependant &#224; cause du boycott tu avais propos&#233; que tous les internes puissent aller respirer quelques demi-journ&#233;es dans les CMP de l'intersecteur. Ce qui d'une part correspond &#224; la r&#233;alit&#233; clinique de tes praticiens hospitaliers mais d'autre part permet de former les internes &#224; l'accueil en CMP. Je profite d'&#234;tre seulement &#224; un &#233;tage de ton bureau et de sa porte toujours ouverte lorsque tu n'es pas entretien ou en r&#233;union pour te rendre souvent des visites et avoir des discussions tr&#232;s vari&#233;es sur la clinique, la psychiatrie actuelle, l'&#233;tat du service, la politique etc. Rapidement une amiti&#233; se cr&#233;e et je commence &#224; cogiter sur un sujet de th&#232;se qui pourrait nous int&#233;resser tous les deux. A l'&#233;poque l'unit&#233; Pierre Male accueillait les packing pratiqu&#233;s dans le cadre du PHRC (protocole hospitalier de recherche clinique) et ceux de l'intersecteur quand ils ne se faisaient pas &#224; Mosa&#239;que, l'h&#244;pital de jour pour enfant autiste. Je rencontre C&#233;line Lalli&#233; et Maud Ravary qui deviennent des alli&#233;es pour supporter les probl&#232;mes institutionnels et la clinique tr&#232;s &#233;prouvante. &#201;videmment je me mets &#224; faire du Packing, je prends rapidement conscience que je me trouve devant un outil clinique formidable dans la prise en charge de l'autisme, la psychose infantile et la psychose adulte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je d&#233;cide de faire ma th&#232;se de psychiatre sur le Packing, tu es &#233;videmment d'accord pour en &#234;tre le superviseur et je transforme alors mon internat en un voyage assez extraordinaire avec pour fil rouge le Packing. Je vais alors faire du packing dans ton service pendant 2 ann&#233;es, entrecoup&#233;e par une ann&#233;e en psychiatrie adulte &#224; Lens o&#249; un psychologue, Arnaud Mineur me demande de l'aider &#224; instaurer ce soin dans son service. Tu acceptes chaleureusement de devenir le superviseur de cette &#233;quipe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai donc &#233;t&#233; &#224; tes c&#244;t&#233;s de 2010 &#224; 2013, les ann&#233;es o&#249; tu as subit les attaques que nous connaissons et tu relates dans ce dernier livre co-&#233;crit avec Patrick Coupechoux .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1&#232;re partie la psychiatrie adulte&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour une jeune praticienne, ce livre a de remarquable qu'il permet au lecteur de s'identifier &#224; tes exp&#233;riences cliniques et institutionnelles et de sortir de la d&#233;pression qui accable tout praticien engag&#233; dans sa clinique aujourd'hui avec les moyens et le contexte politique que nous connaissons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Actuellement je travaille comme praticien hospitalier en secteur adulte. Je consid&#232;re que je n'ai pas vraiment eu de bonne formation &#224; la psychopathologie adulte durant mon internat. Dans les service adulte j'ai quasiment fait de la psychiatrie de contrebande. J'ai travaill&#233; dans des secteurs hospitalo-centriques, loin de la psychoth&#233;rapie institutionnelle et du d&#233;sali&#233;nisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tes exemples cliniques, tes ratages et tes descriptions des angoisses psychotiques que nous font vivre nos patients nous donnent quelques cl&#233;s quant &#224; l'accueil de ces angoisses et comment le portage &#224; plusieurs est n&#233;cessaire pour les contenir. L'exemple du &#171; faire avec &#187; que tu d&#233;veloppes pour mettre au travail les &#233;quipes et leur faire accepter tranquillement des changements dans leurs pratiques par la confiance est un rappel capital pour tout psychiatre de secteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Patrick et toi, permettez au lecteur de visiter ou de revisiter les concepts, les appuis th&#233;oriques de la psychoth&#233;rapie institutionnelle et du travail de secteur : le transfert dissoci&#233;, la constellation transf&#233;rentielle, le club th&#233;rapeutique, l'articulation entre l'intra-hospitalier et des lieux de soins dans la cit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'h&#244;pital qui est dit-on, aujourd'hui, n&#233;cessaire pour les moments aigu&#235;s ou de crise uniquement alors que nous savons tous que certains patients auront besoin de soins intra-hospitalier de nombreuses ann&#233;es. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cette id&#233;e de &#171; qui peut le plus peut le moins &#187; image parfaitement en quoi si un secteur met tout en &#339;uvre pour accueillir de fa&#231;on humaine les patients les plus malades c'est &#224; dire la psychose, de surcro&#238;t les n&#233;vros&#233;s trouveront leur place dans un tel dispositif pour &#233;galement &#234;tre soign&#233; comme tout citoyen qui a le droit aux soins du service publique. Pourquoi un n&#233;vros&#233; ne se sentirait pas bien d'aller tenir le bar du club th&#233;rapeutique de son secteur ou de participer &#224; l'&#233;criture d'un journal au cattp ce qui pour certains serait peut-&#234;tre plus op&#233;rant qu'une psychoth&#233;rapie classique sur un divan ? Ou pourquoi pas les 2 ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au passage nous avons un rappel de l'histoire de la psychiatrie de Pinel, Pussin et leur traitement moral, des asiles &#224; la cr&#233;ation des h&#244;pitaux psychiatriques, le courant psychanalytique versus le courant l&#233;sionnel et le scientisme, les 45 000 patients morts de faim dans les h&#244;pitaux pendant la seconde guerre mondiale, l'exp&#233;rience de saint-Alban, Tosquelles et Oury puis la cr&#233;ation du secteur. Les exemples et citations sont multiples et diss&#233;min&#233;s de fa&#231;on subtile tout au long de votre livre. Ils suivent &#233;galement ton parcours, celui de 40 ann&#233;es de travail en psychiatrie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous cheminons &#224; tes c&#244;t&#233;s, pour ceux qui ne seraient pas encore convaincu qu'une analyse personnelle est n&#233;cessaire si ce n'est salutaire pour soi et pour ses patients. Le passage &#224; l'acte de ton patient psychotique, Norbert qui t'&#233;trangle dans ton bureau alors que tu jouais au psychiatre compatissant qui n'avait pas &#233;prouv&#233; lui-m&#234;me le transfert est une belle piq&#251;re de rappelle. Tu as d'ailleurs eu droit &#224; ton rappel quelques ann&#233;es plus tard &#224; La Borde &#171; Et Pierre ! Tu te souviens de moi ? J'ai failli t'&#233;trangler &#224; Angers &#187;. Une chance qu'il est &#233;trangl&#233; Pierre Delion, le patient se retrouve &#224; La Borde, s'il avait essay&#233; avec d'autres il aurait atterri en UMD !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La psychanalyse est dans ce sens un outil et non un protocole qui garantie le soin &#224; ceux pour qui c'est suffisant et exclus les autres jusqu'&#224; l'abandon dans la rue. Tu d&#233;nonces ce que tu nommes en &#233;crivant &#171; les psychanalytico&#239;des &#187; ou oralement &#171; les lacano&#239;des &#187; qui ont fait le jeu de la guerre antipsychanalyse que m&#232;nent certaines associations de parents d'enfants autistes actuellement. Je rappelles qu'aujourd'hui dans notre h&#233;micycle se vote la motion du d&#233;put&#233; Fasquelles qui fait parti des d&#233;tracteurs du packing qui s'acharnent sur toi depuis de nombreuses ann&#233;es maintenant. Motion qui si elle est adopt&#233;e, fera na&#238;tre une science d'&#201;tat, un &#233;tat qui interdirait la psychanalyse comme outil de soins pour les patients autistes. On ne peut que d&#233;plorer que dans une d&#233;mocratie ce type de motion puisse &#234;tre valid&#233;e. C'est une attaque aux libert&#233;s des soignants de choisir ses outils de soins et aux libert&#233;s des patients et de leur famille d'avoir &#233;galement le choix de telle ou telle approche voire de les associer. Il est &#233;vident, comme tu le d&#233;nonces tr&#232;s bien &#224; la fin de ce livre que l'approche psychanalytique de l'autisme dispara&#238;tra tr&#232;s rapidement si les pouvoirs publiques l'interdisent. Qui prendra le risque de pratiquer ? Qui trouver pour se former ? Des colloques sur le packing ont d&#233;j&#224; &#233;t&#233; annul&#233; gr&#226;ce &#224; l'acharnement de certains. La peur accable d&#233;j&#224; la p&#233;dopsychiatrie depuis 2012 avec les fameuses recommandations de la HAS et l'autisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous d&#233;crivez les outils qui ont &#233;t&#233; les tiens pour soigner la psychose en psychiatrie adulte puis l'autisme et les troubles envahissant du d&#233;veloppement en p&#233;dopsychiatrie. C'est le collectif qui lorsqu'une vraie analyse institutionnelle est possible soigne ces patients. Le collectif &#231;a signifie que ce n'est pas que les psychologues ou les psychiatres qui portent le transfert. Depuis quand le transfert respecte les statuts ? C'est une vision bien d&#233;shumanisante de l'Homme qui arrange surtout les psychiatres pour faire valoir la hi&#233;rarchie et poursuivre l'ali&#233;nation sociale &#224; laquelle nous sommes tous soumis aujourd'hui. Cependant les patients ne s'y trompent pas, aujourd'hui ce sont bien les psychiatres qui ont le pouvoir pour le meilleur et beaucoup pour le pire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2eme partie la p&#233;dopsychiatrie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s 10 ans en psychiatrie adulte tu choisis finalement de prendre la chefferie en 1985 au Mans. Vous nous relatez ton parcours et comment tu arrives &#224; construire un service de psychoth&#233;rapie institutionnelle en p&#233;dopsychiatrie. La fonction Club est port&#233;e par le groupe journal, les r&#233;unions soignants soign&#233;s o&#249; tu d&#233;cris parfaitement en quoi les espaces o&#249; se c&#244;toient les patients autistes s&#233;v&#232;res, qui bien souvent n'ont pas acc&#232;s au langage et les patients psychotiques se mettent &#224; parler pour ceux qui ne parlent pas. Ce qui permet de faire na&#238;tre des rencontres et des projets th&#233;rapeutiques in&#233;dits : l'exemple de la fabrication d'un v&#233;lo sugg&#233;r&#233; par un jeune patient psychotique pour un jeune patient autiste est tr&#232;s enthousiasmant. Il image parfaitement la fonction soignante que peut prendre les patients les uns pour les autres et ceux quelques soit leurs &#226;ges. De telles rencontres vont se rar&#233;fier dans une &#233;poque o&#249; se sp&#233;cialiser dans tel domaine de la psychiatrie est &#224; la mode et recommand&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous arrivons &#224; ta nomination &#224; Lille et &#224; la description de ce que tu as r&#233;ussi &#224; mettre en place dans un service que je connais bien. Et l&#224; je suis d&#233;sol&#233;e de faire parler la psychiatre qui retrouve son paradis perdu mais je ne peux que t&#233;moigner que ce que tu d&#233;cris est assez proche de mon v&#233;cu. En 4 semestres j'ai explor&#233; : l'unit&#233; Pierre Male d'hospitalisation &#224; temps complet, pas sans peine, proche du burn-out parfois ! L'Odyss&#233;e, l'HDJ pour adolescent, Mosa&#239;que, l'HDJ pour enfant de 4 &#224; 7 ans accueillant le CATTP pour les 8-11 ans. Et 2 CMP sur les 3 existant de l'intersecteur. A chaque fois je suis rest&#233;e une ann&#233;e compl&#232;te notamment sur les CMP ce qui m'a valu un accueil tr&#232;s chaleureux par tes &#233;quipes car si 1 an aupr&#232;s d'un patient c'est tr&#232;s peu, c'est un temps qui permet de tisser des liens avec une &#233;quipe. Je n'&#233;tais qu'interne mais j'&#233;tais je crois assez engag&#233;e dans le travail pour &#233;prouver quelques difficult&#233;s qui sont aujourd'hui mon quotidien dans mon travail de psychiatre de secteur. Tu me l'as souvent dit : &#171; oui notre travail, accueillir la folie, c'est tr&#232;s &#233;prouvant, nous faisons un m&#233;tier difficile &#187;. Est ce que ce service gigantesque &#224; Lille &#233;tait un service de psychoth&#233;rapie institutionnelle, je ne sais pas, mais est ce qu'on faisait de la constellation transf&#233;rentielle oui ! Les r&#233;unions &#233;taient de vrai espace de travail o&#249; chacun &#233;tait libre de parler de ce qu'il ressentait avec les patients, tous les acteurs aupr&#232;s d'un patient &#233;taient invit&#233;s &#224; cogiter sur les prises en charge. J'ai vu d&#233;barquer des psychologues ou des orthophonistes lib&#233;raux, j'ai vu des ASH prendre la parole en r&#233;union, j'ai vu des secr&#233;taires participer aux repas th&#233;rapeutiques des patients, j'ai vu que ma parole &#233;tait l'&#233;gale des autres soignants. Lorsque je pr&#233;sentais des situations cliniques devant 10 &#224; 30 personnes, jamais je n'ai senti de regard condescendant sur la jeune praticienne que j'&#233;tais, et qui accueillait seule dans sa consultation - et pour la premi&#232;re fois de sa vie - un enfant et sa famille. J'ai &#233;videmment compris que tout &#231;a c'&#233;tait l'ambiance qui le permettait. Une ambiance que tu venais soigner en venant voir r&#233;guli&#232;rement les &#233;quipes pour accueillir leurs angoisses autour de situations difficiles. A force de te voir faire et avec le recul que j'ai aujourd'hui je tenterais de r&#233;sumer tes interventions comme un r&#233;el soutien des &#233;quipes. Tu accueillais l'angoisse, &#224; ta mani&#232;re tu disais &#224; l'&#233;quipe qu'ils faisaient bien leur boulot et tu les encourageait &#224; continuer. Tu n'as jamais c&#233;d&#233; sur la qualit&#233; des soins que l'&#233;quipe se devait de garder pour les patients. Et pourtant les listes d'attentes s'allongeaient et de plus en plus ! J'ai moi m&#234;me observer qu'entre 2010 et 2013 elles se sont agrandies et avec des situations de plus en plus lourdes au regard de la d&#233;gradation sociale qui se poursuit &#224; une vitesse toujours plus grandissante.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai appris avec tes &#233;quipes quelques fondamentaux. Par exemple comment accueillir la souffrance sociale ? Beaucoup de psychiatre ne s'encombrent pas de &#231;a , &#171; je suis psychiatre je suis pas assistante sociale ! &#187;, un jour tu as dit en r&#233;union : &#171; Comment voulez vous qu'un gamin dont les parents sont au ch&#244;mage depuis 2 voire 3 g&#233;n&#233;rations ait autre chose dans la t&#234;te que ce probl&#232;me ? &#171; papa ch&#244;mage ! maman ch&#244;mage ! &#201;videmment que, pour le soignant qui porte psychiquement ce gamin, il va devoir mettre la casquette d'assistante sociale pendant un temps suffisamment long pour que ce gamin soit un peu plus en s&#233;curit&#233; pour venir vous d&#233;poser autre chose que ses probl&#232;mes sociaux &#187;. Bon aujourd'hui je peux dire que si dans son service on a pas tout de m&#234;me une assistante sociale pour nous aider &#224; d&#233;m&#234;ler et &#224; porter ensemble les patients, on est tout de m&#234;me un peu dans la panade ! Et on ne les remercie pas assez du boulot remarquable qu'ils et elles font dans nos services.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin tu racontes la guerre de religion dont tu as fait les frais concernant le packing. Et malheureusement j'ai vu &#224; quel point cela peut plonger un soignant dans la souffrance, j'&#233;tais d'autant plus dans la temp&#234;te que j'&#233;crivais ma th&#232;se sur le packing ! Th&#232;se que je n'ose plus soumettre &#224; la publication car m&#234;me si mes d&#233;fenses parano&#239;aques sont tr&#232;s peu &#233;lev&#233;s j'ai tout de m&#234;me le fantasme de subir des repr&#233;sailles tr&#232;s dangereuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Conclusion&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En conclusion je pourrais te dire : Tu aurais pu aussi bien intituler ton bouquin &#171; petit guide pratique aux jeunes soignants en psychiatrie qui d&#233;sirent travailler en &#233;quipe et accueillir les patients psychotiques et autistes &#187;. Je vous remercie Patrick et toi pour votre travail formidable. Ce livre doit imp&#233;rativement &#234;tre diffus&#233; le plus largement possible dans les institutions, aux patients, aux familles et au grand public pour d&#233;fendre nos pratiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sarah Gatignol&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Utopsy a 5 ans</title>
		<link>http://www.utopsy.fr/Utopsy-a-5-ans.html</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alexandra de S&#233;guin</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;CF le pdf ci-joint&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.utopsy.fr/-Textes-.html" rel="directory"&gt;Textes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;CF le pdf ci-joint&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Quand penser fait peur, faut-il interdire la pens&#233;e ?</title>
		<link>http://www.utopsy.fr/Quand-penser-fait-peur-faut-il.html</link>
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&lt;a href="http://www.utopsy.fr/-Textes-.html" rel="directory"&gt;Textes&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;voir la page suivante du site de M&#233;diapart dans l'&#233;dition des Contes de la folie ordinaire :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://blogs.mediapart.fr/edition/contes-de-la-folie-ordinaire/article/130312/quand-penser-fait-peur-faut-il-interdire-la&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;http://blogs.mediapart.fr/edition/contes-de-la-folie-ordinaire/article/130312/quand-penser-fait-peur-faut-il-interdire-la&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les batailles de l'autisme : hier et aujourd'hui</title>
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		<dc:subject>Jacques Hochmann</dc:subject>

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&lt;p&gt;Ce texte de Jacques Hochmann a &#233;t&#233; d'abord publi&#233; sur le site de Michel Balat &lt;br class='autobr' /&gt;
L'autisme a &#233;t&#233; d&#233;clar&#233; &#171; grande cause nationale &#187; en 2012. On ne peut que s'en r&#233;jouir et esp&#233;rer, &#224; cette occasion, l'ouverture de d&#233;bats apais&#233;s qui permettront une meilleure information du public. L'affaire semble pourtant mal partie ! Depuis son individualisation en 1943 par un psychiatre am&#233;ricain, Leo Kanner, ce syndrome, caract&#233;ris&#233; par un &#171; trouble inn&#233; du contact affectif &#187;, une tendance tr&#232;s pr&#233;coce de l'enfant &#224; (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.utopsy.fr/+-Jacques-Hochmann-1-+.html" rel="tag"&gt;Jacques Hochmann&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ce texte de Jacques Hochmann a &#233;t&#233; d'abord publi&#233; &lt;a href=&#034;http://www.balat.fr/LES-BATAILLES-DE-L-AUTISME-HIER-ET.html&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;sur le site de Michel Balat&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'autisme a &#233;t&#233; d&#233;clar&#233; &#171; grande cause nationale &#187; en 2012. On ne peut que s'en r&#233;jouir et esp&#233;rer, &#224; cette occasion, l'ouverture de d&#233;bats apais&#233;s qui permettront une meilleure information du public. L'affaire semble pourtant mal partie ! Depuis son individualisation en 1943 par un psychiatre am&#233;ricain, Leo Kanner, ce syndrome, caract&#233;ris&#233; par un &#171; trouble inn&#233; du contact affectif &#187;, une tendance tr&#232;s pr&#233;coce de l'enfant &#224; s'isoler, &#224; refuser les changements et l'impr&#233;vu et &#224; s'absorber dans des rituels, des st&#233;r&#233;otypies et des int&#233;r&#234;ts restreints, fait l'objet de v&#233;ritables batailles. Des points de vue exclusifs s'affrontent, avec un refus, une caricature voire une diabolisation de la perspective de l'autre qui donnent parfois l'impression que l'autisme contaminent ceux qui s'y trouvent confront&#233;s, parents, professionnels ou m&#234;me politiques, et entra&#238;nent les pol&#233;miques sur des positions d'une intol&#233;rance dont on trouve ailleurs peu d'exemples dans nos soci&#233;t&#233;s d&#233;mocratiques.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un d&#233;tour historique peut &#233;clairer les conflits actuels. Autrefois, les autistes &#233;taient confondus dans la grande masse des arri&#233;r&#233;s mentaux d&#233;nomm&#233;s &#171; idiots &#187;. Ce terme d&#233;rive d'un mot grec au sens voisin de celui d'autos qui a donn&#233; autisme. Les deux mots ont subi d'ailleurs des glissades s&#233;mantiques analogues et pris un m&#234;me sens insultant, tr&#232;s mal v&#233;cu par les int&#233;ress&#233;s et leur famille. En dehors de quelques rares exp&#233;riences m&#233;dico-p&#233;dagogiques vite abandonn&#233;es, les enfants autistes ont longtemps connu l'enfermement et l'abandon dans les services les plus d&#233;favoris&#233;s des anciens asiles d'ali&#233;n&#233;s o&#249; ils &#233;taient g&#233;n&#233;ralement laiss&#233;s sans soins et sans &#233;ducation. Seules &#233;taient utilis&#233;es, devant les cas d'agitation, la psychochirurgie et massivement, lors leur mise en circulation, les neuroleptiques. Consid&#233;r&#233;s comme des d&#233;g&#233;n&#233;r&#233;s in&#233;ducables, &#224; l'&#233;poque o&#249; r&#233;gnait une th&#233;orie pessimiste de la tare h&#233;r&#233;ditaire, ils ont &#233;t&#233; victimes, dans plusieurs &#233;tats des &#201;tats-Unis ou en Europe du Nord, sous pr&#233;texte d'eug&#233;nisme, de st&#233;rilisation, de castration et m&#234;me, en Allemagne, &#224; la prise de pouvoir d'Hitler, d'extermination, alors que la France se contentait de l'internement &#224; vie et de la s&#233;gr&#233;gation des sexes C'est, en r&#233;action contre des pratiques deshumanisantes et qui leur refusaient toute perspective d'am&#233;lioration, que, &#224; la fin de la Deuxi&#232;me Guerre Mondiale, dans tout le monde occidental, des psychiatres en rupture avec la tradition asilaire, ont mis sur pied des &#233;quipes multidisciplinaires associant psychologues, assistants sociaux, &#233;ducateurs sp&#233;cialis&#233;s, infirmiers et infirmi&#232;res, et transform&#233; les vieux services d'asiles en internats th&#233;rapeutiques. De nouvelles professions, d'orthophoniste, de psychomotricien, d'ergoth&#233;rapeute, y ont vu le jour et le d&#233;tachement d'enseignants de l'&#201;ducation Nationale a permis d'y cr&#233;er des classes sp&#233;cialis&#233;es. Gr&#226;ce &#224; une prise en charge de plus en plus intensive et individualis&#233;e, un affinement de la s&#233;miologie et une &#233;tude pouss&#233;e des m&#233;canismes psychopathologiques ont &#233;t&#233; rendues possibles. Apr&#232;s les premi&#232;res descriptions de Kanner, les auteurs ont &#233;t&#233; amen&#233;s &#224; regrouper, sous le nom g&#233;n&#233;rique de psychoses de l'enfant, un ensemble de troubles divers, dont l'autisme proprement dit ne formait qu'un sous-ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La psychiatrie dans son ensemble connaissait alors une v&#233;ritable r&#233;volution, En France, un corps de psychiatres publics, dont beaucoup &#233;taient issus de la R&#233;sistance, d&#233;couvraient, avec horreur, le parall&#233;lisme entre la situation des malades intern&#233;s survivants de la famine qui avait d&#233;cim&#233; les h&#244;pitaux psychiatriques pendant l'Occupation et celle des rescap&#233;s des camps de concentration. Ils se convertissaient progressivement &#224; l'approche psychopathologique. Issue des travaux d'un certains nombres de m&#233;decins, psychologues et philosophes, elle consistait, au del&#224; des comportements observables, &#224; chercher &#224; se mettre &#224; la place du patient pour tenter d'envisager le monde de son point de vue et essayer de comprendre de l'int&#233;rieur ses croyances, ses d&#233;sirs, ses &#233;motions. Se fondant sur un mode de connaissance particulier, l'empathie (et pas seulement sur la perception visuelle ou auditive ), elle permettait de construire des hypoth&#232;ses sur la signification d'un sympt&#244;me, sur la place qu'il prend dans le v&#233;cu global d'un patient, sur la mani&#232;re dont il s'inscrit dans son histoire personnelle. Ce dialogue g&#233;n&#233;rateur &#224; la fois de connaissance et aussi de th&#233;rapie (le sentiment d'&#234;tre compris par un autre entra&#238;nant une meilleure compr&#233;hension et une meilleure gestion de soi-m&#234;me) &#233;tait certes facilit&#233; par l'introduction des nouveaux &#171; m&#233;dicaments de l'esprit &#187; qui calmaient les formes les plus violentes de folie. Mais il &#233;tait rendu surtout possible par une modification g&#233;n&#233;rale du climat institutionnel o&#249; des groupes jusque l&#224; condamn&#233;s &#224; s'observer sans se parler (les soignants et les soign&#233;s) commen&#231;aient &#224; communiquer entre eux. C'est ce qu'on a appel&#233;, en France, la &#171; psychoth&#233;rapie institutionnelle &#187;. Elle rejoignait les pratiques des communaut&#233;s th&#233;rapeutiques anglaises et la milieu therapy am&#233;ricaine. Certes, sur le plan th&#233;orique, elle devait beaucoup aux apports de l'&#233;coute particuli&#232;re de l'autre inaugur&#233;e par Freud et &#224; sa formulation d'une &#171; autre sc&#232;ne &#187; inconsciente sur laquelle se d&#233;ploient des repr&#233;sentations articul&#233;es en sc&#233;narios (les fantasmes) que le sujet conscient ignore, mais qu'on peut reconstituer &#224; partir de ses r&#234;ves, de ses lapsus, de ses actes manqu&#233;s et des associations libres auxquels ces &#233;l&#233;ments donnent lieu dans un &#233;change sp&#233;cifique, la cure analytique. Mais on a encore trop tendance &#224; confondre avec la psychanalyse une psychiatrie dynamique aux sources beaucoup plus diverses (l'&#233;ducation active de Freinet, la ph&#233;nom&#233;nologie, la psychosociologie, la dynamique des groupes) et qui n'a jamais oubli&#233; son ancrage m&#233;dical : la prise en compte des d&#233;sordres organiques et l'utilisation des m&#233;dicaments pour les corriger.&lt;br class='autobr' /&gt;
D'abord exp&#233;riment&#233;e dans les services d'adultes, ces orientations ont rapidement gagn&#233; les services d'enfants. Avec les m&#234;mes outils th&#233;oriques, mais en utilisant beaucoup moins les m&#233;dicaments, les p&#233;dopsychiatres de la deuxi&#232;me moiti&#233; du si&#232;cle dernier, ont d&#233;velopp&#233; des approches pluridimensionnelles o&#249; la vie quotidienne rythm&#233;e par un certains nombres d'activit&#233;s &#233;ducatives, p&#233;dagogiques et th&#233;rapeutiques &#233;tait utilis&#233;e pour permettre &#224; l'enfant d'acqu&#233;rir, avec des comp&#233;tences sociales et scolaires, un d&#233;veloppement des facult&#233;s d'imagination et de symbolisation. Au d&#233;but &#224; temps plein, ces prises en charge institutionnelles, ont &#233;volu&#233;, avec la mise en place, en 1972, des secteurs de psychiatrie infantojuv&#233;nile, mais aussi avec l'&#233;volution de la soci&#233;t&#233; et des demandes des parents, vers des prises en charge &#224; temps partiel (h&#244;pital de jour) voire tr&#232;s partiel (centre d'accueil th&#233;rapeutique &#224; temps partiel) en substituant progressivement aux classes en &#233;tablissement sanitaire une scolarisation en milieu normal, d'abord &#224; l&#8216;&#233;cole maternelle puis dans les autres degr&#233;s du syst&#232;me scolaire. Cette inclusion scolaire, entreprise de mani&#232;re isol&#233;e, d&#232;s le d&#233;but des ann&#233;es 80, &#224; l'initiative d'un certain nombre d'&#233;quipes p&#233;dopsychiatriques, a &#233;t&#233; g&#233;n&#233;ralis&#233;e par une loi en 2005. Parall&#232;lement, le secteur m&#233;dico-social, mis en place &#224; la Lib&#233;ration principalement par des associations de familles d'enfants dits &#171; inadapt&#233;s &#187;, en collaboration avec des professionnels, accueillait dans ses instituts m&#233;dico-&#233;ducatifs un certain nombre d'enfants autistes ou atteints d'autres troubles graves du d&#233;veloppement. Il connaissait une &#233;volution similaire et, malgr&#233; des obstacles administratifs, aujourd'hui surmont&#233;s, travaillait de plus en plus en collaboration et en compl&#233;mentarit&#233; avec le secteur sanitaire. Au c&#244;t&#233; des ateliers utilisant des m&#233;diations sportives, culturelles, artistiques, et des r&#233;&#233;ducations du langage ou de la motricit&#233;, diverses formes de psychoth&#233;rapies individuelles ou groupales ont cherch&#233; &#224; aider l'enfant &#224; mieux comprendre ses &#233;motions et &#224; ma&#238;triser, en les comprenant mieux, les angoisses, parfois violentes, qui pouvaient le traverser. Ces psychoth&#233;rapies avaient d'abord &#233;t&#233; exp&#233;riment&#233;es aux &#201;tats-Unis et en Angleterre principalement par deux &#233;coles de psychanalystes issues l'une de la fille de Freud, Anna, qui pr&#233;conisait d'associer une perspective &#233;ducative &#224; la psychoth&#233;rapie d'un enfant, l'autre de M&#233;lanie Klein, qui soutenait une approche exclusivement interpr&#233;tative qu'elle avait tent&#233; avec succ&#232;s, d&#232;s 1929, aupr&#232;s d'un enfant manifestement autiste. D&#233;j&#224;, alors que les bombardements faisaient rage sur Londres, des controverses vigoureuses avaient oppos&#233;, au sein de la Soci&#233;t&#233; britannique de psychanalyse, les tenants de ces deux approches. Les auteurs fran&#231;ais ont g&#233;n&#233;ralement occup&#233; une position pragmatique m&#233;diane. Ils ont surtout multipli&#233; les dispositifs de prise en charge, de fa&#231;on h&#233;las in&#233;gale sur le territoire national, avec des moyens qui, m&#234;me si, dans un premier temps, ils ont connu une progression rapide, se sont vite r&#233;v&#233;l&#233;s insuffisants avant de subir actuellement une r&#233;duction drastique. Poursuivant leurs recherches, ils ont rep&#233;r&#233; les dimensions psychotiques r&#233;versibles de certaines arri&#233;rations mentales tenues alors pour irr&#233;versibles et donc chang&#233; le pronostic d'enfants d&#233;ficients intellectuels. En m&#234;me temps, en affinant une distinction d&#233;j&#224; propos&#233;e aux &#201;tats-Unis par Margaret Mahler, ils diff&#233;renciaient l'autisme proprement dit des dysharmonies psychotiques et, avec Roger Mis&#232;s, mettaient en &#233;vidence &#224; c&#244;t&#233; des psychoses (autistiques, dysharmoniques ou d&#233;ficitaires) la cat&#233;gorie des &#171; pathologies limites &#187; o&#249; domine l'&#233;l&#233;ment d&#233;pressif et la mauvaise structuration de la personnalit&#233; qui peut se manifester par divers troubles du comportement. Certains psychoth&#233;rapeutes ont &#233;t&#233; surtout inspir&#233;s par les recherches de psychanalystes anglais postkleiniens, comme Donald Meltzer et Frances Tustin qui, s'int&#233;ressant plus particuli&#232;rement &#224; l'autisme, ont enrichi la s&#233;miologie en d&#233;crivant les particularit&#233;s du fonctionnement sensoriel des autistes (aujourd'hui retrouv&#233;es et pr&#233;cis&#233;es par les sciences cognitives) et approfondi l'&#233;tude psychopathologique. D'autres, comme Ren&#233; Diatkine ou Serge Lebovici, ont rapport&#233; et comment&#233; des cures d&#233;taill&#233;es et prolong&#233;es. D'autres encore ont trouv&#233; dans les th&#233;ories et malheureusement dans une utilisation parfois obscure et pas toujours bien comprise du vocabulaire de Jacques Lacan la justification de ce qui s'annon&#231;ait comme des d&#233;rives, consid&#233;r&#233;es &#224; tort comme affectant le service p&#233;dopsychiatrique public tout entier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elles avaient commenc&#233; aux &#201;tats-Unis o&#249; s'&#233;tait &#233;tendu avec le recours extensif au diagnostic de schizophr&#233;nie infantile (aujourd'hui tr&#232;s limit&#233;) l'id&#233;e d'une origine purement psychologique des troubles psychiques graves de l'enfant attribu&#233;s, sans preuves convaincantes, &#224; un dysfonctionnement des interactions pr&#233;coces m&#232;re-b&#233;b&#233;, li&#233; &#224; une probl&#233;matique inconsciente d&#233;pressive ou agressive de la m&#232;re. On proposait donc aux m&#232;res une psychanalyse associ&#233;e &#224; celle de leur enfant. La paternit&#233; de cette psychogen&#232;se exclusive est fautivement attribu&#233;e &#224; un &#233;ducateur de formation psychanalytique, Bruno Bettelheim, directeur d'une &#233;cole sp&#233;cialis&#233;e &#224; Chicago, o&#249; se pratiquait une milieu therapy de qualit&#233;, et qui a surtout eu le tort d'utiliser pour d&#233;crire le monde tel que l'enfant se le repr&#233;sente (et non tel qu'il est r&#233;ellement), une m&#233;taphore emprunt&#233;e &#224; son exp&#233;rience personnelle dans les camps de concentration et comprise par les parents comme une insupportable et injuste mise en accusation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France, cette id&#233;ologie psychog&#233;n&#233;tique a &#233;t&#233; r&#233;pandue, malgr&#233; les critiques d'autres psychanalystes, par des ouvrages &#224; grand succ&#232;s &#233;ditorial, tel &#171; L'enfant arri&#233;r&#233; et sa m&#232;re &#187; d'une psychanalyste d'origine belge, &#233;l&#232;ve de Fran&#231;oise Dolto, Maud Mannoni. Elle faisait de l'enfant autiste, psychotique ou d&#233;ficient, la victime des d&#233;sirs mortif&#232;res de la m&#232;re qui &#233;tait suppos&#233;e le r&#233;duire &#224; l'&#233;tat d'un &#171; phallus inclus dans sa propre jouissance &#187; (sic). En m&#234;me temps, se d&#233;veloppait une antipsychiatrie qui accusait le syst&#232;me en place de vouloir normaliser de force les anormaux pour les soumettre aux exigences de la soci&#233;t&#233; et voyait dans la famille et dans l'&#233;cole les principaux agents de transmission des forces de r&#233;pression. On &#233;tait au d&#233;cours de Mai 68, qui avait vu, entre autres, la s&#233;paration de la neurologie et de la psychiatrie. Pour r&#233;pondre &#224; une demande en extension et combler un grand retard de l'&#233;quipement sanitaire, un effort consid&#233;rable de formation aboutit &#224; la mise sur le march&#233; rapide et mal contr&#244;l&#233;e de plusieurs g&#233;n&#233;rations de psychiatres, de psychologues, d'&#233;ducateurs ou d'infirmiers dont certains, pris dans l'air du temps, se jet&#232;rent goul&#251;ment, sans toujours bien les dig&#233;rer, sur des clich&#233;s qui alimentaient leur propre r&#233;bellion contre l'ordre &#233;tabli. Malgr&#233; les efforts de lieux de formation solide, &#224; l'origine principalement parisiens, comme la Fondation Vall&#233;e &#224; Gentilly, le Centre Alfred Binet dans le XIII&#232;me, l'Institut de Pu&#233;riculture, l'Institut Montsouris, ou suisse (les facult&#233;s de m&#233;decine de Gen&#232;ve et de Lausanne), malgr&#233; la multiplication ensuite en province des enseignants-chercheurs de p&#233;dopsychiatrie et de psychologie clinique associ&#233;s &#224; quelques &#233;quipes de secteur particuli&#232;rement performantes, les nouveaux professionnels, form&#233;s sur le terrain, n'int&#233;graient pas toujours la psychopathologie dans toutes ses dimensions complexes et ses nuances subtiles. Des oppositions binaires se propageaient entre l'organique et le psychologique, le corps et l'esprit, la maladie et le handicap, le soin et l'&#233;ducation et entretenaient des &#233;galit&#233;s simplistes : psychologique=curable=maladie=soin exclusif, organique=incurable=handicap=&#233;ducation sp&#233;cialis&#233;e. Elles &#233;taient entretenues par la s&#233;paration entre les budgets sanitaires et les budgets m&#233;dico-sociaux, d&#233;pendant de directions et parfois de minist&#232;res diff&#233;rents. D'o&#249; une tendance d'abord g&#233;n&#233;reuse, mais aux cons&#233;quences n&#233;fastes, &#224; nier la dimension somatique et le handicap, &#224; ne tenir compte, de mani&#232;re exclusive, que de la psychologie et d'un processus morbide et &#224; en attribuer l'&#233;tiologie &#224; l'entourage familial, afin de maintenir un espoir de changement. D'o&#249; la tendance aussi &#224; minimiser les objectifs &#233;ducatifs et p&#233;dagogiques au nom d'un &#171; tout th&#233;rapeutique &#187;, dans l'attente de l'&#233;veil spontan&#233; chez l'enfant d'un d&#233;sir de conna&#238;tre et d'apprendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De trop nombreux parents se sont alors trouv&#233;s face &#224; des interlocuteurs qui refusaient de leur donner un diagnostic, sous pr&#233;texte de ne pas &#171; chosifier &#187; l'enfant en l'enfermant dans un destin immuable. En m&#234;me temps, le succ&#232;s de certaines th&#233;ories issues des th&#233;rapies familiales syst&#233;miques, quelquefois repens&#233;es par une psychanalyse dite &#171; transg&#233;n&#233;rationnelle &#187;, conduisait certains th&#233;rapeutes &#224; ne voir dans la destin&#233;e de l'enfant malade que l'incarnation des difficult&#233;s de communication du syst&#232;me familial tout entier ou le poids d'une transmission de secrets et de non dits remontant &#224; plusieurs g&#233;n&#233;rations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Interrog&#233;s parfois de mani&#232;re intrusive sur leur propre histoire, les parents, venus consulter pour leur enfant, se sentaient malgr&#233; eux engag&#233;s dans un processus th&#233;rapeutique qui ne correspondait pas &#224; leur demande. La culpabilit&#233; naturelle que tout parent peut &#233;prouver quand son enfant est en difficult&#233; &#233;tait aggrav&#233;e par cette curiosit&#233; maladroite. De plus, appliquant &#224; un domaine o&#249; elles sont inadapt&#233;es les prescriptions de la cure psychanalytique, certains soignants refusaient d'informer les parents sur le contenu des s&#233;ances th&#233;rapeutiques et allaient jusqu'&#224; leur interdire l'entr&#233;e dans les lieux de soins, r&#233;serv&#233;s aux seuls enfants et o&#249;, comme on l'a dit, les perspectives &#233;ducative &#233;taient mises &#224; l'&#233;cart. Cette culture du secret ne pouvait qu'entretenir des fantasmes de s&#233;duction ou de d&#233;tournement de l'affection de l'enfant qui sont in&#233;vitables quand on confie son enfant &#224; des tiers. Quant au refus de l'&#233;ducatif, il t&#233;moignait d'un d&#233;sint&#233;r&#234;t pour les attentes des parents souvent v&#233;cu par eux comme un m&#233;pris. Enfin et surtout, l'absence de r&#233;sultats spectaculaires et imm&#233;diats dans des pathologies graves et de longue &#233;volution, le refus d'&#233;valuer de mani&#232;re objective des pratiques consid&#233;r&#233;es de l'ordre de l'ineffable accentuaient une d&#233;fiance l&#233;gitime. Face &#224; des situations qui n'avaient rien d'exceptionnel ( m&#234;me si elles n'&#233;taient pas aussi r&#233;pandues que des rapports successifs ont pu le pr&#233;tendre, sans aucune enqu&#234;te s&#233;rieuse), on comprend qu'un petit groupe de parents soit all&#233; chercher d'autres m&#233;thodes et une autre &#233;coute. Ignorant tout le travail entrepris quotidiennement sur le terrain et dans plusieurs congr&#232;s par des parents et des professionnels pour rapprocher leurs points de vue et mieux se comprendre, ils ont fait s&#233;cession avec la principale association de familles de personnes autistes (la F&#233;d&#233;ration S&#233;same Autisme) et sont partis s'informer aux &#201;tats-Unis. Une r&#233;action virulente contre l'attribution exclusive de l'autisme &#224; des facteurs psychologiques environnementaux s'y &#233;tait produite d&#232;s les ann&#233;es 60. Elle avait abouti &#224; la cr&#233;ation d'un puissant lobby : l'Autism Society of America qui avait obtenu la reconnaissance l&#233;gale de l'autisme comme une incapacit&#233; d&#233;veloppementale, au m&#234;me titre que l'&#233;pilepsie, l'arri&#233;ration mentale ou l'infirmit&#233; motrice c&#233;r&#233;brale. Participant &#224; l'&#233;laboration d'une nouvelle nomenclature des troubles mentaux, alors en cours, cette association avait r&#233;ussi &#224; faire bannir le terme de &#171; psychose de l'enfant &#187;, consid&#233;r&#233; comme stigmatisant, et &#224; le remplacer par celui de &#171; trouble envahissant du d&#233;veloppement &#187;. D'abord tenu pour un de ces troubles, l'autisme en &#233;tait devenu, au fil des r&#233;actualisations de la nomenclature, le noyau autour duquel se disposait tout les autres, au sein d'un &#171; trouble du spectre autistique &#187; dont les crit&#232;res allaient s'&#233;largissant, multipliant par vingt la pr&#233;valence du trouble autistique. Aujourd'hui encore, les enqu&#234;tes am&#233;ricaines en population g&#233;n&#233;rale qui reposent sur des questionnaires adress&#233;s &#224; toute personne pouvant professionnellement se trouver au contact d'enfants (enseignants, p&#233;diatres, pu&#233;ricultrices, moniteurs de centres de loisir etc&#8230;) traduisent plus la pr&#233;valence des repr&#233;sentations sociales de l'autisme que celle du trouble lui-m&#234;me. Le diagnostic est en effet fond&#233; non sur des tests biologiques ou sur une imagerie m&#233;dicale particuli&#232;re, mais sur une typologie consensuelle, soumise comme tout consensus aux groupes de pression, en qu&#234;te de statut social et de compensations. Profitant d'un amendement de la constitution am&#233;ricaine qui oblige les &#233;tats &#224; assurer l'&#233;ducation de tous les enfants, un psychologue form&#233; initialement par Bruno Bettelheim mais qui s'&#233;tait brouill&#233; avec lui, Eric Schopler, eut l'habilet&#233; de proposer &#224; l'&#233;tat de Caroline du Nord un programme extensif pour les personnes autistes ou pr&#233;sentant des handicaps de la communication, qui associait &#233;troitement les parents &#224; des prises en charge individualis&#233;es et structur&#233;es, selon des mod&#232;les calqu&#233;s &#233;troitement sur les particularit&#233;s du fonctionnement autistique. Le d&#233;veloppement de chaque enfant &#233;tait r&#233;guli&#232;rement &#233;valu&#233; &#224; l'aide de tests sp&#233;cifiques et le traitement adapt&#233; &#224; l'&#233;mergence de leurs comp&#233;tences. Ce programme, le programme TEACCH, fut d'abord exp&#233;riment&#233;, en France, par un petit nombre d'&#233;tablissements m&#233;dicosociaux et par un nombre encore plus restreint d'&#233;tablissements sanitaires. Pr&#233;sent&#233; d&#233;j&#224; par certains de ses promoteurs comme une machine de guerre contre le service public de psychiatrie et la psychanalyse qui, pr&#233;tendument, l'inspirait exclusivement, il fit en retour l'objet d'attaques en r&#232;gle des psychanalystes les plus int&#233;gristes et de leurs collaborateurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec le temps, les oppositions semblaient s'att&#233;nuer et nombre d'enseignements des m&#233;thodes schopl&#233;riennes ainsi que le souci d'&#233;valuation commen&#231;aient &#224; diffuser un peu partout, sans annuler pour autant les acquis d'une r&#233;flexion psychopathologique ni l'attention port&#233;e &#224; la vie int&#233;rieure des personnes autistes, aux modalit&#233;s particuli&#232;res de leur pens&#233;e et de leur gestion des &#233;motions. Un certain nombre des d&#233;rives mentionn&#233;es plus haut, &#233;taient en voie de r&#233;sorption. &#192; la suite de directives minist&#233;rielles, la pratique du diagnostic se g&#233;n&#233;ralisait. Les institutions sanitaires et m&#233;dicosociales s'ouvraient &#224; un partenariat effectif avec les parents, et les &#233;quipes, mieux form&#233;es, se montraient plus prudentes dans le maniement d'hypoth&#232;ses causales v&#233;cues comme culpabilisantes. La neurobiologie et la g&#233;n&#233;tique restaient encore pauvres en r&#233;sultats probants (la plupart des dysfonctionnements ou des mutations relev&#233;es ne s'appliquant qu'&#224; un petit nombre d'autistes et n'&#233;tant souvent pas sp&#233;cifiques de l'autisme). Mais la recherche se poursuivait. Les sciences cognitives, en particulier la psychologie du d&#233;veloppement, apportaient de nouvelles compr&#233;hensions de certains facteurs psychopathologiques et laissaient envisager une sortie par le haut des oppositions st&#233;riles inn&#233;-acquis, organique-psychologique, soin-&#233;ducation, maladie-handicap qui avaient si longtemps obscurci les d&#233;bats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est alors qu'une nouvelle guerre a &#233;clat&#233;. Elle a pour objectif premier de faire la promotion d'une m&#233;thode d&#233;j&#224; ancienne, d&#233;velopp&#233;e aux &#201;tats-Unis par un psychologue d'origine norv&#233;gienne, Ingmar Lovaas, alors que le courant qu'on a appel&#233; &#171; b&#233;haviorisme &#187; (traduit par comportementalisme) &#233;tait dominant dans les facult&#233;s de psychologie am&#233;ricaine. Issu de la d&#233;couverte des r&#233;flexes conditionn&#233;s par Pavlov, ce courant consid&#233;rait l'int&#233;riorit&#233; psychique comme inaccessible &#224; la science et r&#233;duisait tout le fonctionnement mental &#224; une succession et &#224; une g&#233;n&#233;ralisation de r&#233;ponses &#224; des stimulus. Jug&#233; aujourd'hui comme d&#233;pass&#233; par les neuroscientifiques, ce mod&#232;le a inspir&#233; une s&#233;rie de traitements de modification du comportemnt par un syst&#232;me de r&#233;compenses et de punitions : l'ABA (en anglais applied behavioral analysis, analyse appliqu&#233;e du comportement). Appliqu&#233; de mani&#232;re intensive, jusqu'&#224; quarante heures par semaine, &#224; l'autisme, il a &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233; par son initiateur comme capable de ramener &#224; la vie normale pr&#232;s de la moiti&#233; des enfants autistes d&#233;pist&#233;s pr&#233;cocement (ce que des &#233;valuations post&#233;rieures ont mis s&#233;rieusement en doute, faisant &#233;tat de biais de recrutement). Apr&#232;s avoir connu un grand succ&#232;s dans les pays anglosaxons et d'Europe du Nord, il y semble actuellement en reflux, d'une part pour des raisons &#233;conomiques mais aussi parce qu'il fait l'objet de critiques d'un certain nombre d'usagers (les autistes dits de &#171; haut niveau &#187; ou &#171; syndrome d'Asperger) qui contestent une m&#233;thode v&#233;cue par eux comme un conditionnement d&#233;gradant. Plusieurs travaux publi&#233;s ou en cours de publication ont, par ailleurs, relativis&#233; l'&#233;valuation de ses r&#233;sultats . Il est pr&#233;sent&#233; n&#233;anmoins, en France, par certaines associations de parents, comme le seul valid&#233; scientifiquement. Ces associations, m&#233;diatiquement tr&#232;s introduites, ont relanc&#233; la bataille contre un ennemi largement construit par leurs attaques. Celles-ci ont en effet pour cible une &#171; psychanalyse &#187; qui, pour ces parents repr&#233;sente le mal absolu, en continuant, selon eux, &#224; les culpabiliser et &#224; leur refuser l'acc&#232;s aux lieu de soins. &#192; entendre la campagne men&#233;e par ces associations, qui n'h&#233;sitent pas &#224; mettre en cause voire &#224; menacer de poursuites des praticiens respectables, le diagnostic serait toujours refus&#233; aux parents ou, quand il serait enfin formul&#233;, le serait dans des termes que ces parents r&#233;cusent car ils persistent &#224; recourir &#224; un vocabulaire d'inspiration psychopathologique. En continuant &#224; pratiquer avec les enfants une &#171; psychanalyse &#187; dont on aurait d&#233;montr&#233; l'inefficacit&#233; (qui ? et o&#249; ?), la p&#233;dopsychiatrie fran&#231;aise se rendrait coupable d'une v&#233;ritable maltraitance. Sous ce terme global de &#171; psychanalyse &#187; ces associations n' entendent pas seulement des psychoth&#233;rapies analytiques authentiques (qui, faute d'un personnel form&#233; en nombre suffisant, ne concernent, dans des indications pr&#233;cises, qu'un tr&#232;s petit nombre d'enfants, dont les parents sont en r&#232;gle g&#233;n&#233;rale demandeurs ). Elles entendent plut&#244;t l'ensemble des prises en charge institutionnelles multidimensionnelles d&#233;velopp&#233;es dans les h&#244;pitaux de jour et les instituts m&#233;dico-&#233;ducatifs, o&#249; les th&#233;ories psychanalytiques issues des travaux de quelques chercheurs offrent simplement une base th&#233;orique qui continue &#224; donner du sens au travail quotidien. Une pratique, peut-&#234;tre parce qu'elle est plus codifi&#233;e que les autres et fait l'objet de formations sp&#233;cifiques, suscite surtout leur col&#232;re. C'est une m&#233;thode empirique d'enveloppements humides, le packing, utilis&#233;e d'abord avec des patients schizophr&#232;nes puis appliqu&#233;e aux enfants autistes surtout dans les cas d'automutilations, afin d'apporter &#224; l'enfant un contact apaisant, r&#233;unifiant une image du corps ressentie comme morcel&#233;e. Utilis&#233;e par un petit nombre d'&#233;quipes, dans un petit nombre de cas, cette m&#233;thode a fait l'objet d'une expertise du Haut Conseil de la Sant&#233; publique qui, sous r&#233;serve de suivre une proc&#233;dure rigoureuse, l'a tenue pour inoffensive. Elle n'a, de toutes mani&#232;res, rien &#224; voir avec la psychanalyse, m&#234;me si certains praticiens utilisent des concepts d'origine psychanalytique pour expliquer ses effets. Les parents r&#233;clament son interdiction. Bien introduits dans diverses instances officielles, ils ont obtenu, d'autre part, la promulgation d'un &#171; socle commun de connaissances &#187; dont ils voudraient faire une sorte de pens&#233;e unique impos&#233;e &#224; tous les centres de formation. On a pu les voir ainsi revendiquer aupr&#232;s d'un pr&#233;sident d'universit&#233; la suppression d'un module o&#249; il &#233;tait question d'&#233;tudier, sur un plan historique, les diverses th&#233;ories de l'autisme&#8230; dont celles de certains psychanalystes honnis par eux ! Esp&#233;rant ainsi obtenir la haute main sur la formation, ils demandent d'avoir seuls le choix des traitements de leurs enfants, et exigent le red&#233;ploiement des budgets actuellement consacr&#233;s &#224; l'autisme vers le financement des m&#233;thodes qui leur conviennent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; des attaques d'une telle ampleur, on aurait pu s'attendre &#224; ce que les pouvoirs publics cherchent &#224; calmer les passions et favorisent une discussion entre les divers protagonistes. Ils se sont, au contraire, ralli&#233; de mani&#232;re unilat&#233;rale &#224; la position d&#233;fendue par les associations les plus virulentes. Il est ainsi &#233;tonnant que, contrairement &#224; ce qui se passe dans d'autres minist&#232;res, les autorit&#233;s ne prennent pas davantage en compte l'honneur des personnels,souvent nomm&#233;s par concours, qui d&#233;pendent statutairement de l'Universit&#233;, des Affaires Sociales ou de la Sant&#233; et dont les dipl&#244;mes sont nationalement reconnus. Il est &#233;tonnant aussi qu'&#224; l'heure o&#249; l'on vient d'attribuer leur autonomie aux universit&#233;s, on puisse envisager d'unifier par d&#233;cret ou par la loi le contenu des enseignements et l'orientation des recherches dans le seul domaine de l'autisme. Alors que dans les ann&#233;es 60 et 70, la Direction G&#233;n&#233;rale de la Sant&#233;, en lien avec les professionnels et avec les associations familiales avaient soutenu fortement l'&#233;volution des structures psychiatriques, il semble qu'aujourd'hui, sous l'influence d'une opinion et de politiques peut-&#234;tre mal inform&#233;s, on s'oriente vers la destruction du dispositif existant pour ob&#233;ir &#224; une v&#233;ritable dictature des usagers ou, du moins, de ceux qui affirment &#234;tre repr&#233;sentatifs de ces usagers et parler en leur nom (S'il y a, comme on l'affirme, 400.000 personnes autistes en France, combien parmi elles ou leur famille sont associ&#233;es aux associations &#224; la pointe du combat). Assimilant probablement la psychanalyse &#224; une mol&#233;cule dangereuse, un d&#233;put&#233; vient m&#234;me de proposer une loi interdisant son utilisation dans l'autisme, ce qui n'est pas sans rappeler f&#226;cheusement des r&#233;gimes o&#249; la pratique et la pens&#233;e psychanalytiques furent proscrites comme science &#171; juive &#187; ou comme science &#171; bourgeoise &#187;. Faudra-t-il un jour invoquer l'exception d'inconstitutionnalit&#233; pour pouvoir poursuivre des recherches hors du champ tr&#232;s &#233;troitement limit&#233; des m&#233;thodes comportementalistes que le projet de loi voudrait promouvoir ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une grande cause nationale m&#233;rite mieux que ces combats. Nul ne saurait nier qu'il existe des manques criants dans l'&#233;quipement national. Le probl&#232;me est &#224; la fois quantitatif et qualitatif. En d&#233;pit de r&#233;els progr&#232;s, beaucoup d'autistes, notamment les plus lourdement frapp&#233;s ne trouvent pas de places adapt&#233;es. Les enfants et les adolescents commencent &#224; &#234;tre scolaris&#233;s de mani&#232;re plus large, mais cette scolarisation n'est pas toujours accompagn&#233;e comme il conviendrait. Elle reste souvent symbolique et les enseignants sont laiss&#233;s seuls pour assurer une p&#233;dagogie qui n&#233;cessite pr&#233;sence, attention et cr&#233;ativit&#233;. L'entr&#233;e dans l'&#226;ge adulte est un moment particuli&#232;rement difficile et angoissant pour les familles comme pour les sujets autistes. Il demande un accompagnement sp&#233;cifique qui est rarement assur&#233;. Comme l'a dit r&#233;cemment dans le Monde un psychiatre, Mo&#239;se Assouline, l'intensit&#233; de la prise en charge est plus importante que telle ou telle m&#233;thode estampill&#233;e. J'y ajouterai la diversit&#233;, la compl&#233;mentarit&#233; en r&#233;seau entre plusieurs approches &#233;ducatives, p&#233;dagogiques et soignantes au sens large (pas exclusivement &#171; psychanalytiques &#187; ou suppos&#233;es telles). Cela n&#233;cessite de sortir des affrontements et des intol&#233;rances v&#233;ritablement &#171; autistiques &#187;. Cela n&#233;cessite aussi des recherches et des &#233;valuations qui ne peuvent se poursuivre que dans un climat de tol&#233;rance mutuelle et d'ouverture . On aimerait ainsi, pour commencer &#224; sortir de l'image st&#233;r&#233;otyp&#233;e d'une p&#233;dopsychiatrie ali&#233;n&#233;e &#224; une caricature de psychanalyse, que soit lanc&#233;e une grande enqu&#234;te sur ce qui se fait r&#233;ellement dans les institutions p&#233;dopsychiatriques et m&#233;dicosociales o&#249;, malgr&#233; les restrictions financi&#232;res de l'heure, malgr&#233; le manque de places et de personnels, malgr&#233; aussi le discr&#233;dit dont on cherche &#224; les frapper, sont accueillis actuellement la grande majorit&#233; des autistes. On aimerait aussi que soit engag&#233;es (ou poursuivies) des recherches sur la validit&#233; des conceptions psychopathologiques qui inspirent la plupart des prises en charge institutionnelles. Les grandes revues m&#233;dicales internationales, domin&#233;es par les mod&#232;les biologiques et par une conception restrictive de la science, qui a fait ses preuves dans les sciences de la nature, mais qui ne s'applique pas aussi ais&#233;ment aux sciences humaines, ne sont pas tr&#232;s ouvertes &#224; ce type de recherches. Cantonn&#233;es dans des revues de moindre diffusion, adoptant souvent une m&#233;thodologie d'&#233;valuation clinique diff&#233;rente de celles de l'Evidence Based Medicine appliqu&#233;es &#224; la chirurgie ou aux m&#233;dicaments, elles restent mal connues de l'opinion. Celle-ci est plus sensible aux effets d'annonce r&#233;p&#233;titifs, mais souvent sans lendemain, de la d&#233;couverte d'un g&#232;ne ou d'une zone c&#233;r&#233;brale responsables de l'autisme. Il ne faudrait pas que des effets de mode infl&#233;chissent, par &#224; coups, l'accompagnement d'un trouble qui affecte le plus souvent la vie enti&#232;re et qui exige stabilit&#233; et continuit&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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